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C.E.A.T.

 
 
Dénomination :
Comando Especial Anti-Terrorista
 
Pays : Salvador
Base : San Salvador
 
Site internet : aucun
 

DESCRIPTION :

Etabli dans d'anciennes carrières à proximité de la capitale San Salvador, le camp du CEAT se déploie sur différents niveaux, ce qui autorise le fonctionnement simultané des différents stands de tir à ciel ouvert. Les bâtiments d'habitation sont propres et nets. Sur la place d'armes, une section s'entraîne aux arts martiaux et enchaîne les katas.



PRÉSENTATION :

SALVADORIENNE EN 1997

La signature des accords de Chapultepec le 16 janvier 1992 met officiellement fin à douze années de guerre civile au Salvador. Ces accords donnent également le coup d'envoi d'un très rapide processus de réduction des effectifs de l'armée nationale. L'armée salvadorienne voit ses effectifs fondre de moitié en moins de quatre ans, passant de 60 000 hommes fin 1992 à moins de 30 000 en 1995.

Il est vrai que cette armée était essentiellement une armée de conscrits, ne comptant guère plus de 2 000 officiers d'activé au plus fort des combats. Par ailleurs, la création d'une police nationale civile entérinée par les accords de Chapultepec ôte à l'armée une partie de ses prérogatives et réduit d'autant ses besoins réels en personnel.

Priorité est aujourd'hui donnée à la réduction des forces et à leur modernisation (une antienne bien connue sous nos latitudes) dans le cadre du plan ARCE 2000 lancé en 1995.

Les objectifs pratiques de ce plan sont triples : il s'agit avant tout de placer une armée forgée dans la guerre civile au service de la nation toute entière, sans esprit partisan. L'armée salvadorienne veut également mettre à profit le répit apporté par la fin de la guerre et la décrue des effectifs pour améliorer le niveau scolaire de ses recrues et régulariser l'usage du service militaire obligatoire d'un an.

En l'absence d'un ennemi extérieur, l'armée salvadorienne est actuellement très engagée dans des opérations de service public, que ce soit de lutte contre la délinquance (extrêmement préoccupante, avec comme facteur aggravant le nombre très élevé d'armes en circulation dans le pays) en coopération avec la police nationale civile, ou de protection du milieu naturel (campagnes de reboisement, construction d'infrastructures...). Cette reconversion réussie est aujourd'hui saluée par l'ensemble de la société salvadorienne, y compris par l'ancienne guérilla FMLN aujourd'hui associée à la vie démocratique du pays.

Les effectifs de l'armée salvadorienne sont à l'heure actuelle de 25 600 hommes et femmes, qui se répartissent de la manière suivante. Les forces terrestres regroupent quatorze bataillons d'infanterie, deux bataillons de cavalerie, deux bataillons d'artillerie, un bataillon parachutiste.

L'aviation, environ 1 600 personnes, aligne deux brigades aériennes (Ilopango et Comalapa) mettant en ouvre une dizaine d'avions de combat A-37B et des appareils de transport et de soutien. La marine, avec une base principale, compte environ 700 personnes.



FORMATION ET ENTRAINEMENT :

Une histoire récente

L'histoire des forces spéciales au Salvador remonte à 1963. Cette année-là, une quinzaine d'officiers et de sous-officiers salvadoriens séjournent à Fort Benning, aux Etats-Unis, pour y recevoir une formation parachutiste. A leur retour, ces hommes forment le noyau d'un « escadron de fusiliers aérotransportés » comptant initialement une centaine d'éléments.

A la fin des années soixante, les effectifs sont presque doublés et plusieurs chuteurs opérationnels salvadoriens sont formés. Le développement d'une insurrec tion armée dans le pays au début des années quatre-vingt précipite le mouvement : un deuxième escadron est formé , tandis que quatre bataillons sont spécialement créés pour lutter contre une guérilla de plus en plus présente.

Ces BIRI (Batallones de Infanteria de Reaccion Immediata) font partie de l'élite des forces armées salvadoriennes, même s'ils n'appartiennent pas aux troupes parachutistes. Des bérets verts américains travaillent à leur formation et les BIRI se forgent rapidement une certaine réputation d'efficacité . Une réputation qui, à la demande de l'ancien ennemi FMLN, leur vaudra la dissolution une fois la paix signée.

En 1983, les escadrons parachutistes sont regroupés au sein d'un bataillon parachutiste, qui existe toujours. A la même époque est créée une unité de reconnaissance lointaine, la PRAL (Patrulla de Reconocimiento de Alcance Largo).

Forte d'une centaine d'hommes, la PRAL, rapidement rebaptisée GOE (Grupo de Operaciones Especiales), est organisée en équipes de cinq ou six hommes capables de pénétrer en territoire ennemi pour y désigner des objectifs au profit de l'aviation. Deux ans plus tard, c'est au tour du CEAT de voir le jour.

 


ORGANISATION :

Des unités préservées

Pénétrations dans les bâtiments, interventions à bord d'avions, le CEAT joue la gamme habituelle des groupes d'intervention. Les moyens sont cependant à l'échelle du pays, c'est-à-dire assez pauvres. L'épave du C-47 servant à l'entraînement est de ce point de vue assez représentative. Le cour y est pourtant, tout comme la volonté des dirigeants politiques et militaires.

Au sein de la tourmente que connaissent actuellement les forces armées salvadoriennes, les forces spéciales parviennent à tirer leur épingle du jeu. Il n'échappe à personne qu'elles représentent un outil bien affûté, une sauvegarde pour le pays dans un environnement instable.

Etonnamment, elles connaissent même au Salvador une évolution assez comparable à leurs homologues françaises : en 1993, les Salvadoriens créent le CFE (Comando de Fuerzas Especiales) très similaire au COS dans son principe. Le CFE regroupe CEAT, GOE et bataillon parachutiste au sein d'une structure unique.

Toutes les compétences ainsi réunies sont à la disposition directe de l'état-major interarmes qui dispose de cette façon d'un outil puissant et cohérent.

Un outil qui nécessite un investissement mineur au regard des services qu'il est capable de rendre. « La qualité est meilleure que la quantité » , nous dit le Mayor Flores Cruz en guise de conclusion.



FORMATION ET ENTRAINEMENT :

« Fuego ! » Sans hausser la voix, l'officier qui dirige l'exercice a donné l'ordre de tir dans son Motorola. Moins d'une seconde plus tard, la balle de 7,62 traverse sans aucun effort à 900 m/s le ballon qui explose dans un petit claquement sec. L'homme qui se tient à côté n'a pas cillé .

L'exercice est traditionnel au sein du CEAT, Comando Especial Antiterrorista, groupe antiterroriste de l'armée salvadorienne : à l'automatique, au MP-5 ou à la SSG-69, les bérets verts s'entraînent régulièrement au tir en plaçant leurs camarades à proximité des cibles. Jamais aucun accident n'est bien sûr venu endeuiller cette pratique...

Entraînement difficile, guerre plus facile...

Depuis la fin de la guerre civile dans le pays, s'agit-il là du seul moyen imaginé par les militaires salvadoriens pour retrouver le stress du combat ? « Non, vraiment pas ! » nous dit le Mayor (commandant) Flores Cruz, qui n'hésite jamais à se placer lui-même à côté des cibles. « Nous ne jouons pas à nous faire peur avec cet exercice. Il s'agit plutôt pour nous de renforcer la cohésion du groupe et la confiance mutuelle en se plaçant en situation d'extême dépendance vis-à-vis des équipiers qui tirent. Quant au tireur, il est astreint à une concentration sans faille. Entraînement difficile, guerre plus facile, vous connaissez la formule... »

Les mains larges comme des battoirs, des callosités proéminentes sur les kentos qui trahissent sa passion pour les arts martiaux, le Mayor Flores Cruz allie la gentillesse traditionnelle du Salvadorien à la force tranquille qui émane des grands professionnels. Il est aujourd'hui le jeune commandant du CEAT, dont il fait pour la première fois les honneurs à un représentant de la presse étrangère.

En contrebas, les rafales claquent sèchement. Des pneus en feu marquent la présence de la piste du risque que surmonte une tour de rappel. L'activité est permanente et tout indique la présence d'un corps d'élite.

Un très grand honneur

Les 140 hommes qui composent le CEAT justifient tous d'une solide expérience militaire. Ils arrivent pour la plupart en droite ligne du bataillon parachutiste et pratiquement tous ont l'expérience du combat.

La guerre n'est finie que depuis quatre ans. Tous sont bien sûr volontaires et satisfont à des critères de sélection rigoureux. Un bon niveau d'éducation, une taille minimale assez élevée pour le pays (1,70 m) et un casier judiciaire vierge sont les conditions sine qua non d'admission au sein du CEAT.

« L'acceptation au sein du groupe est ressentie comme un très grand honneur, nous dit le Mayor Flores Cruz. La durée moyenne de séjour dans l'unité , environ dix ans, est là pour le prouver. »

En plus d'un classique entraînement militaire, tous les hommes sont brevetés « en aile » et rompus aux assauts parachutistes ; des cours de relations humaines ainsi que des conférences sur les droits de l'homme et la Constitution salvadorienne attendent les nouveaux arrivants. C'est que créé en temps de guerre, le CEAT met aujourd'hui son savoir-faire et sa puissance de feu au service de la paix civile.

Il dépend directement pour son emploi de la présidence de la République et de l'état-major interarmes. « Le CEAT entre en scène lorsque la police nationale civile, qui est en pleine réorganisation, risque d'être dépassée par les événements, explique-t-on chez les militaires. Nous mettons donc l'accent sur des interventions contre des groupes terroristes ou des délinquants puissamment dotés en armes de guerre. »

Pour autant, le CEAT reste une unité 100 % militaire, capable à tout instant d'être engagée dans des combats classiques avec M-60, lance-grenades M-79 et LAW.

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