FORCES-SPECIALES.org
Le site de référence traitant des Forces Spéciales et unités d'élites internationales.
 
 

S.S.G.

 
 
Dénomination :
Special Service Group
 
Pays : Pakistan
Base : Cherat
 
Site internet : aucun
 


DESCRIPTION :

Le "Special Service Group" ou SSG est un détachement indépendant des commandos de l'armée du Pakistan.

Dirigé actuellement par le brigadier général Mohamed Nasi, le SSG est implanté à 30 kilomètres au sud-est de Peshawar, dans un ancien casernement britannique. L'effectif total du SSG atteint 2 100 hommes, tous volontaires et tous professionnels.

Ce régiment dispose aujourd'hui d'une section chargée de la lutte ant-terroriste, appelé "Musa Company" qui à pour rôle les libérations d'otages ou l'arrestation des membres de groupes extrémistes religieux, très nombreux à notre époque. Mais le SSG possède aussi des spécialistes, nageurs de combat, parachutistes ou équipes de recherche en profondeur.

Issus de toutes les armes

Au Pakistan, il n'existe pas de service militaire obligatoire et les 500 000 hommes que compte l'armée de terre sont tous des gens de métier. De plus, il n'existe aucune limite d'âge. Un 2ème classe de quarante-cinq ans ou un caporal de soixante ans n'étonneront ici personne. Seules les aptitudes physiques insuffisantes seront éliminatoires.

En revanche, un soldat peut prendre sa retraite dès qu'il totalise quinze ans de service, une retraite qui se matérialise en principe par un emploi dans la police, la douane ou tout autre corps d'Etat. Chaque membre de l'armée pakistanaise (terre, air, mer) peut, s'il le souhaite et bien entendu s'il en a les capacités, venir effectuer un stage au sein du SSG. Ce stage dure de six mois à un an.

Une fois breveté, le volontaire rejoindra son unité d'origine, où il assurera l'instruction de base aux autres soldats de son régiment. Cette possibilité est également offerte aux policiers et aux douaniers. Le niveau atteint à la fin du stage est excellent, mais comme les membres permanents du SSG effectuent régulièrement des exercices après l'obtention de leur béret rouge, la différence entre un stagiaire et un SSG de métier se fait rapidement sentir.



FORMATION ET ENTRAINEMENT :

Pour devenir SSG en 1994, il faut, si l'on est soldat ou caporal, répondre à différents critères. D'abord, être dans l'armée depuis au minimum trois ans. Ensuite, être volontaire et apte médicalement. Et enfin réussir une série de tests psychotechniques.

Obligatoirement breveté parachutiste

Les officiers reçoivent quant à eux une formation différente. Après son dipôme de fin d'études supérieures (l'équivalent de notre Bac), le jeune Pakistanais qui désire devenir officier passe un concours pour entrer à l'académie militaire d'Abbotabab ( à 60 kilomètres au nord d'Islamabad).

S'il y est admis - le taux de réussite est très faible, de l'ordre de 10 % - , il suivra quatre périodes de formation de six mois chacune. Ensuite, il sera envoyé dans un régiment comme adjoint de chef de compagnie, avec le grade de sous-lieutenant. Au bout de deux ans, si le jeune officier choisit le SSG, il rejoindra le quartier général des forces spéciales à Cherat.

Pendant un an, il remplira alors son rôle d'adjoint de chef de peloton. En outre, le jeune officier se trouvera aguerri par un certain nombre d'exercices, notamment dans le Cachemire et sur la frontière afghane, voire même à l'étranger, soit dans le cadre d'opérations des Nations Unies soit en vertu d'échanges militaires avec des pays alliés.

Enfin, pour accéder aux grades de capitaine et de major, il sera envoyé pendant un an à l'école de guerre de Guetta, au Baluchistan, afin d'y passer différents examens. Un temps de scolarité supplémentaire est requis pour prétendre devenir officier supérieur.

L'entraînement du soldat ou du sous-officier qui désire intégrer le SSG se décompose en deux périodes. Une première de vingt-cinq semaines qui constitue une sorte de « survol » du travail des commandos pakistanais. Elle consiste en l'apprentissage des techniques de base de l'antiterrorisme, de la nage de combat, de l'alpinisme, de l'utilisation des explosifs, du tir de précision et instinctif.

Elle comprend une instruction parachutiste qui dure quatre semaines et qui est assurée par l'école aéroportée de l'armée, à Peshawar. Le brevet parachutiste est acquis aprè s sept sauts, cinq de jour et deux de nuit. Les avions employés sont les quasi éternels et incontournables C-130 Hercules.

Enfin, pour conclure, une terrible marche commando de 65 kilomètres en moins de douze heures et, dans la foulée, une course de 9 kilomètres en quarante minutes avec l'équipement de combat.

L'importance du combat en montagne

La seconde période dure elle aussi vingt-cinq semaines. Elle est en quelque sorte un approfondissement de la première, avec en plus un entraînement particulier au combat en montagne. La montagne occupe en effet tout le nord du Pakistan. Les frontières avec l'Afghanistan et l'Inde culminent par endroits à plus de 6 000 mètres d'altitude.

Les SSG sont ainsi parfaitement rodés au combat en montagne, et en particulier aux interventions spéciales comme le sabotage, la capture de prisonniers ou le recueil de renseignements. L'alpinisme et la survie en milieu hostile constituent la base de leur instruction en montagne. Et une progression à 5 000 ou 6 000 mètres, sans appareil respiratoire particulier et avec une température moyenne de - 30 ° , exige un entraînement digne d'un sportif de haut niveau.

Lorsque le SSG reçoit son béret rouge, il est envoyé dans l'un des trois bataillons opérationnels. Chaque bataillon de 700 hommes possède quatre compagnies divisées en pelotons, eux-mêmes articulés sur des équipes de dix hommes.

Un de ces pelotons est spécialisé dans la lutte antiterroriste, un autre dans les interventions aquatiques (mais n'a rien à voir avec le Naval Spécial Service Group, ou NSSG, qui lui dépend de la marine) et un peloton se trouve chargé des opérations spéciales aéroportées du type de celles menées par les chuteurs opérationnels des pays occidentaux. Au Pakistan, le ministère de l'Intérieur ne dispose pas de sa propre unité antiterroriste, et seuls les SSG sont chargés de cette mission particulière.

A cet effet, ils subissent un entraînement spécifique sur des lieux non militaires. C'est ainsi que les pelotons antiterroristes effectuent régulièrement des exercices sur les avions de la Pakistan Airlines, mais aussi dans les trains ou dans des immeubles. Les pelotons anti­terroristes des SSG sont également formés pour intervenir en mer - ils ont la qualification de nageur-palmeur de combat - et pour la guerre psychologique.

Le fer de lance de l'armée pakistanaise

Le nouveau breveté se trouve donc inclus dans l'un de ces pelotons. Les anciens se chargeront de lui enseigner son métier en profondeur. Si chaque bataillon est relativement autonome, de même d'ailleurs que chaque compagnie, il arrive fréquemment qu'un ou deux, voire les trois bataillons, se trouvent intégrés pour une manouvre au sein d'une division d'infanterie classique.

En temps de guerre, les trois bataillons qui tournent régulièrement dans tout le pays devraient officiellement n'être employés que pour des missions spéciales. L'épisode le plus célèbre reste celui où , durant la guerre indo-pakistanaise de 1965, des commandos du SSG furent parachutés sur trois bases aériennes indiennes (Pathan- kot, Adampur et Halwara). Les SSG y démontrèrent leur formidable conviction et leur terrible efficacité .

 

Aujourd'hui, notamment après une série d'importants exercices organisés par l'armée indienne à la fin des années quatre-vingt, la pensée militaire pakistanaise est en train d'évoluer. Ainsi, le commandement des forces terrestres semble abandonner le concept stratégique de défensive pure - sorte de pivot sur lequel s'articulait toute l'armée pakistanaise et qui la faisait se concentrer dans le nord du pays, face à l'Inde - pour adopter une nouvelle orientation dite « défensive offensive » .

Celle-ci conseillerait, en cas de conflit, de pénétrer en territoire indien pour se placer en position de force, la menace du côté afghan ayant perdu de son intensité. Les forces du SSG seraient alors bien sûr les premières à opérer en pays adverse, développant à fond leurs techniques de commando. Les guerres précédentes l'ont déjà prouvé...


ÉQUIPEMENT :

Dans les années soixante, les éléments du 19e Baloutch, qui fortement équipés de carabines américaines M-1 et de l'armement standard de 1966, avec la création du SSG, les forces spéciales vont percevoir des PM anglais Sterling et des fusils d'assaut chinois Type 56 (la copie de l'AK-47) qui sont encore en dotation.

Depuis, les SSG sont équipés de fusils d'assaut autrichiens Steyr AUG et de M-16 A1 (tous deux en 5,56mm), de HK G-3 en 7,62 mm et de PM HK MP-5 A2 fabriqués sous licence au Pakistan.

La guerre au Pakistan a permis aux éléments du SSG de récupérer un grand nombre d'armes spéciales d'origine soviétique (PM avec silencieux, mitrailleuses légères, lance-roquettes et lance-flammes).

Pour les armes de poing, ils disposent de PA P-38 Walter d'origine turque, de GP-35 belges et de Colt 1911 A1 en 11,43. Comme armes de précision, les commandos pakistanais possèdent des fusils de snipers HK PSG-1 en 7,62 mm.

Même si leurs types de missions n'obligentqu'à un armement léger, les SSG disposent également de lance-roquettes RPG-7 soviétiques et de LRAC français de 89 mm. Pour les armes d'appui, on trouve des mitrailleuses légères MG-3 (fabriquées sous licence) et des RPK.

 

Bien que peu montrés, le SSG aligne aussi des lance-missiles antichars MILAN et antiaériens SA-7, et même quelques tout nouveaux RBS-70 suédois. Outre le support aérien fourni par les avions de transport et les hélicoptères - obtenu en priorité -, le SSG peut compter sur un parc de véhicules légers 4 x 4 américains et chinois.


DE TOUTES LES GUERRES CONTRE L'INDE :

Alors que la division de l'Empire des Indes donnait naissance en 1947 à deux Etats - l'Inde et le Pakistan - , dès le tout début des années cinquante la nouvelle arm é e pakistanaise décidait de créer une élite commando. A l'appui de son projet, elle bénéficiera alors de l'assistance de conseillers américains. Pour dissimuler ses missions, l'unité prit le nom de 19e bataillon du régiment Baloutch.

Stationné à Cherat, non loin de la ville d'Attock, le bataillon détacha rapidement des éléments commandos pour instruire les rebelles naga en lutte, à partir de 1954, contre le gouvernement indien. Dix ans plus tard, le 19e Baloutch, commandé par un colonel, avait pris le nom officieux de Spécial Service Group. Il alignait alors 700 hommes. Chaque compagnie avait sa spécialité : Ranger, désert, montagne, amphibie. Les plongeurs étaient basés à Karachi, mais ne disposaient que de peu de matériel et d'un entraînement réduit.

Ce n'est qu'en septembre 1965, lors de la guerre indo-pakistanaise, que les commandos du SSG vont être appelés à réaliser des actions spectaculaires contre des bases aériennes indiennes. Si ces raids échouèrent ou ne causèrent que peu de destructions, l'impact psychologique se fit sentir dans les défenses indiennes du Punjab. A la suite de ce conflit, le bataillon fut grossi en 1966 et devint la base du Spécial Service Group composé de trois bataillons (1er , 2e et 3e bataillons commandos).

A partir des années soixante, les compagnies du 19e , puis du SSG, effectuent des rotations au Pakistan oriental (aujourd'hui Bangladesh) où des troubles apparaissent. En 1970, chaque bataillon au complet assure une rotation. Mais la situation empire de jour en jour et, en août 1971, on compte quelque 100 000 guérilleros bengalis (armés et entraînés par l'Inde) et 60 000 soldats pakistanais. En octobre de la même année, pour tenter de freiner cette situation insurrectionnelle, les éléments du SSG lancent des opérations de destruction de camps rebelles en territoire indien et détruisent même des trains. Au début du mois de décembre, l'armée indienne envahit le Pakistan oriental. Les SSG vont se battre pied à pied et certains passeront en Birmanie pour ne pas être capturés lors de la capitulation.

Après la guerre de 1971, les SSG vont être envoyés au Baluchistan (dans l'ouest du pays) pour réduire la révolte baluchi. De 1973 à 1977. le gouvernement pakistanais utilisera massivement les forces spéciales. Deux bataillons SSG appuyés et héliportés par des appareils iraniens prêtés par le Shah, seront en permanence déployés dans cette région. Le Pakistan réussira à réduire à néant cette rébellion soutenue par le gouvernement afghan.

A partir des années soixante-dix, et avec l'expansion du terrorisme international, le SSG reçut également pour nouvelle mission de mener des opérations antiterroristes. Ainsi fut créée la compagnie Musa. Celle-ci fut employée plusieurs fois, en particulier lors de prises d'otages à bord d'avions, avec des succès divers, notamment en 1981, en 1986 et dernièrement en 1994.

Outre ces missions antiterroristes, les SSG ont entraîné en 1986 les forces para­militaires sri-lankaises qui luttent depuis des années contre les Tamouls, ainsi qu'une formation aéroportée et commando du régiment commando sri-lankais. De plus, durant des années, les SSG vont entraîner, conseiller et armer les moudjahiddin afghans.

Ils n'hésiteront pas à participer à des opérations tant de renseignement qu'offensives en territoire afghan afin de récupérer des informations au profit du gouvernement pakistanais mais aussi américain. (Les Etats-Unis ont massivement aidé les moudjahiddin contre le gouvernement communiste de Kaboul jusqu'en 1992.)

Toutefois, les experts militaires étrangers constateront au fil des ans une réduction des effectifs de bataille du SSG. Celle-ci est sans doute due à l'emploi d'éléments du SSG pour des missions annexes, comme gardes du corps des membres du gouvernement, chargés de la protection à bord des avions de la Pakistan Airlines et conseillers au sein de nombreuses armées étrangères (en particulier en Arabie Saoudite et au sultanat d'Oman).

Dans les années quatre-vingt, et en particulier en 1987, des équipes du SSG vont être déployées dans la région du glacier du Siachen - une zone contestée aux Indiens depuis des années et objet de combats fréquents - pour tenter de s'emparer de points stratégiques. En 1990, les SSG seront aussi employés comme unités de haute sécurité lors d'émeutes à Karachi. Aujourd'hui, on pense que des éléments sont également chargés de maintenir la pression sur la frontière du Cachemire face aux unités indiennes.


LA MOUSTACHE:

Les commandos de l'élite SSG ont en particulier une longue histoire de courage et de grandes, touffues moustaches. Depuis que le coup militaire de 1958 a mené par le Général Ayub Khan, les soldats du Pakistan ont été connus pour leurs lèvres supérieures raides (et velues).

En plus de passer les essais physiques rigoureux tels que des exercices de résistance, des chambres de gaz lacrymogène et des épreuves de seuil de douleur, des forces Paki-Spéciales sont également examinées sur leur capacité d'accroître une pleine, virile moustache dans des conditions vivantes dures. Cet aspect de leur formation est crucial. Par certains côtés leurs favoris sont des armes; juste la vue d'eux ont frappé la crainte dans les coeurs de leurs ennemis et petites amies de même. Les moustaches étaient même des couleurs peintes de désert à aider à camoufler des soldats dans un code opération appelé "Subterfuge velu."

L'origine du modèle de balai de poussée de signature demeure un mystère. Certains ont speculé que c'est une source de puissance. Un mythe pakistanais antique indique l'histoire d'un guerrier puissant qui en a porté deux tarantulas colossaux sur son visage pour effrayer outre de serait des envahisseurs.

Un autre conte raconte les exploits d'un héros de la guerre du l'Inde-Pakistan qui a été pensée pour avoir porté une moustache comme symbole de fierté nationale. On l'a indiqué plus tard qu'il couvrait simplement sa lèvre de fissure.

Celui que les racines historiques, la grande, touffue moustache soit un soutien principal des militaires du Pakistan. C'est un symbole de l'unité, de la force et de l'esprit de corps, et promet d'être autour pendant des décennies à venir. C'est-à-dire, jusqu'à ce que quelqu'un leur dise à quel point il gai regarde.

Source partielle : Magazine "RAIDS" n°95-Avril-1994

 

    Haut    
 
 
Article situé sur la page : www.forces-speciales.org/armees,defense,unites-etrangeres,page,ssg,mod,etranger-armee.fr.html